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À Nkayi, la Sage Goko, une vie au service des femmes

il y a 30 minutes
4 min de lecture


La sage Goko
La sage Goko

Dans le domaine de la santé, certaines personnes laissent une empreinte qui dépasse de loin leurs années de carrière. Leur savoir-faire, leur savoir-être et leur disponibilité auprès des autres finissent par marquer plusieurs générations. À Nkayi, dans le département de la Bouenza, parler des sages-femmes sans évoquer la Sage Goko paraît impossible.


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À 70 ans, Immath Kintebe Bernadette, plus connue sous le nom de Sage Goko, est aujourd’hui à la retraite. Veuve et mère de quatre enfants, elle a consacré près de 45 années de sa vie aux soins et particulièrement à l’accompagnement des femmes avant, pendant et après leur grossesse.


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‎ Une vocation née sur le terrain


‎Son parcours professionnel a débuté dans le nord du pays, plus précisément à Ouesso dans le département de la Sangha, où elle a exercé durant deux mois. Elle a ensuite poursuivi sa carrière à Souanké pour quelques mois, avant de rejoindre son époux à Nkayi.


Une fois installée, elle a commencé à travailler à l'hôpital de SIAN (plus connu aujourd'hui sous le nom d'ex-SOCO), qui était alors subventionné par des coopérants cubains. Mutée à l'hôpital de base de Nkayi en 1988, elle y a passé cinq années enrichissantes au service de la maternité. En 1994, au lendemain de la guerre, elle a eu le privilège d'être choisie comme sage-femme pour l'inauguration du CSI de Mouanonto.

Elle est ensuite revenue exercer à l'hôpital de base de Nkayi, où elle a poursuivi son service dévoué jusqu'à  sa retraite.


‎ Au fil des années, elle acquiert une réputation qui dépasse les murs des établissements de santé.


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« Beaucoup de femmes m’aimaient et venaient vers moi. C’est à cet instant que j’ai pensé ouvrir ma structure », expliquait-elle.

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Cette confiance, construite progressivement, va finalement donner naissance à un projet personnel. En 2007, elle ouvre sa propre structure, la clinique Ceti Foundou-Foundou, qui compte aujourd’hui onze agents et deux stagiaires.


La Sage Goko est surtout connue pour sa détermination, son expérience et son sens d'écoute. À une époque où certaines femmes préféraient se tourner vers les parents ou connaissances dans le métier en qui elles avaient confiance, les patientes de la sage-femme Goko venaient et revenaient régulièrement la voir pour des consultations ou simplement pour demander conseil.

 

Certaines femmes qui l'ont connue comme sage-femme ont ensuite amené leurs propres enfants ou recommandé ses services à leur entourage. Dans certaines familles, elle a soigné et suivi deux générations de femmes.

 

Virginie Lembet fait partie de ces anciennes patientes. En 2002, alors qu’elle rencontrait des difficultés à concevoir, elle a été suivie par la sage-femme Goko, avant de donner naissance à une petite fille, aujourd’hui étudiante.

 

Quelques années plus tard, en 2007, Virginie retombe enceinte. Cette fois, la grossesse est à risque et l’accouchement s’annonce compliquer. Là encore, elle garde de la Sage Goko le souvenir d’un accompagnement rassurant et compétent.

 

« C'est une dame très accueillante. Parfois, elle te donne des conseils qui vont bien au-delà du motif de consultation. C'est une sage-femme que j’estime beaucoup », témoigne-t-elle.

 Plus qu'un métier, une présence auprès des femmes


Au cours de ses 45 années de service, la sage Goko a accompagné d’innombrables femmes. À ses débuts, elle pouvait prendre en charge plusieurs dizaines de naissances par mois, parfois une trentaine.

 

Elle a notamment développé une attention particulière pour les femmes confrontées à la perte d’un enfant. Suite au décès de nouveau-nés, elle insiste sur la nécessité de ne pas abandonner la mère dans sa douleur après l’accouchement.

 

« Si c’est un mort-né, elle reste pendant 48 heures. On essaie de la consoler, puis elle revient pour la consultation postnatale. La consoler, c’est être à sa place », explique-t-elle.

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Ces mots résument une conception du métier fondée sur l’écoute et l’empathie. Pour elle, accompagner une femme ne consiste pas seulement à assurer un acte médical, c'est aussi savoir rester présente lorsque les mots manquent.


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‎ Une retraitée que les patientes continuent de réclamer


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Aujourd'hui, les années de pratique ont laissé leur empreinte. La Sage Goko est fatiguée, mais la retraite n’a pas complètement éloigné les patientes.

 

Il arrive encore que certaines patientes demandent sa présence ou souhaitent bénéficier de ses conseils. Lorsqu’elle intervient, elle ne travaille plus seule. Elle s’entoure des infirmières de sa structure et les accompagne de son expérience. Cette manière de faire illustre également l’un des traits qui ont marqué sa carrière : la transmission.

 

Elle n’a jamais voulu garder son savoir pour elle. Au contraire, elle a formé et accompagné de nombreuses professionnelles, dont certaines poursuivent aujourd’hui leur chemin dans le domaine de la santé.


La sage Goko et une poignée de ses collaboratrices
La sage Goko et une poignée de ses collaboratrices

Sa fille, Bernande Staelle Goko, poursuit d’ailleurs une partie de cette histoire familiale. Déléguée médicale, elle soutient aujourd’hui avec engagement le travail de sa mère et contribue à faire vivre l’œuvre construite au fil des décennies.



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‎ Une vocation qui refuse de disparaître


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Même si le poids des années se fait sentir, la passion semble toujours présente. Dans son regard, on devine à la fois la fatigue d’une longue carrière et l’attachement profond à un métier qui a occupé une grande partie de sa vie.

 

La sage-femme Goko appartient désormais à une génération de professionnelles dont l’expérience s’est construite au contact direct des patientes, dans une époque où le métier exigeait autant de disponibilité que de connaissances. Aujourd'hui ce genre de rapport semble s'effriter en privilégiant une connaissance théorique aux dépens du rapport direct au patient.


À Nkayi, son nom reste associé à des milliers de consultations, des naissances, des conseils, des moments de joie, mais aussi des épreuves traversées aux côtés des femmes.


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‎« À Nkayi, on ne peut pas parler des sages-femmes sans parler de la Sage Goko.»

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Cette phrase, au-delà de l’hommage, résume peut-être le mieux la place qu’elle occupe

dans la mémoire collective des femmes qu’elle a accompagnées.


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Après 45 années de service, son parcours mérite d’être raconté, mais aussi reconnu. La Sage Goko fait partie de ces professionnelles dont l’engagement dépasse le cadre professionnel pour devenir une véritable contribution majeure à la communauté.


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Une vie consacrée aux femmes, une expérience transmise à la génération suivante, et une empreinte qui, à Nkayi, continue de traverser les générations.

 

 

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